Études et constructions

Suivi de la qualité en phase chantier

Prototype de façade - Saint-Malo

APIJ

Dans le but de livrer des bâtiments conformes aux exigences attendues, l’APIJ est engagée dans le suivi minutieux de la qualité des chantiers dont elle a la charge. A cet effet, l’agence a mis au point un plan de contrôle de la qualité, mobilisant l’ensemble des acteurs de l’opération.

Avant le démarrage des travaux, il vise à identifier les éventuelles difficultés d’exécution et risques de désordre, et à définir les moyens à mettre en œuvre pour leur résolution. En phase chantier, ce plan permet aussi de s’assurer du respect des performances visées, notamment en matière de développement durable.

A cet effet, un ensemble de tests et de contrôles sont effectués, principalement sur les corps d’état techniques et architecturaux. Ils prennent plusieurs formes, notamment :

  •  la construction de prototypes. Ces préfigurations grandeur nature de l’aménagement de certains espaces ou d’éléments du bâtiment, permettent de mettre au point les détails d’exécution, vérifier la fonctionnalité des espaces et des équipements et leur adéquation avec les besoins des utilisateurs ou d’ajuster le choix des matériaux, des mobiliers et des procédés de fabrication.
  •  la réalisation  de « premiers de série », qui constituent des espaces définitifs à l’intérieur du bâtiment intégrant les ajustements effectués sur les prototypes. Ils permettent au constructeur de valider et améliorer les processus de fabrication, et à la maîtrise d’ouvrage d’effectuer les derniers tests fonctionnels avant déploiement à grande échelle.

Livraison et mise en service

En concertation avec la direction de l’administration pénitentiaire d’une part, la direction des services judiciaires et le secrétariat général d’autre part, les livraisons des établissements pénitentiaires et des palais de justice sont organisées suivant des procédures coréalisées par l’Agence et sa tutelle, qui prévoient :

  •   des « réunions d’atterrissage » et des visites contradictoires des locaux permettant de préparer la réception du bâtiment
  •   des exercices de « marches à blanc » qui permettent d’éprouver l’ensemble des équipements en condition réelle et d’effectuer les réglages finaux,
  •   des sessions de formation à destination des utilisateurs du bâtiment,
  •   des réunions périodiques de suivi de la levée des réserves et désordres relevant de la garantie de parfait achèvement (GPA)
  •   des réunions bilan.

Ces procédures permettent de définir une éventuelle liste de contrôles complémentaires, notamment en matière de contrôle des dispositifs de sûreté, mais également de préciser le rôle de chaque instance sur les sujets cruciaux de la mise en service : souscription aux divers abonnements (gaz, électricité, eau, téléphone), mise en œuvre du processus d’information des utilisateurs, passation des contrats de maintenance, installation du mobilier, déménagement.  

Par ailleurs, les retours d’expériences de livraisons passées permettent de prendre des dispositions complémentaires et de compléter les procédures par des dispositifs tels que :

  • La réalisation de vues en 3 dimensions ou de maquette numérique pour faciliter la compréhension des espaces par les utilisateurs
  • L’organisation de visites préalables à la prise de possession portant sur la sécurité des établissements
  • L’ajout dans les livrets d’accueil à destination des utilisateurs de fiches didactiques sur l’utilisation des équipements (chauffage, éclairage, store…)
  • Les expériences de l’APIJ en la matière lui ont permis d’améliorer et consolider son accompagnement des chefs d’établissements et des utilisateurs, du début de l’opération, aux mois suivant la livraison et tout au long de la garantie de parfait achèvement. Le transfert de connaissances du bâtiment  s’opère alors, en lien avec les architectes et entreprises de travaux, garantissant une meilleure prise en main des bâtiments par leurs usagers.

Des opérations expérimentales en maquette numérique (BIM)

SCAU

Soutenu au niveau national par le Plan de Transition Numérique dans le Bâtiment, le BIM (acronyme de « Building information Modeling »), est le point d’orgue d’une révolution numérique qui touche toute la sphère du bâtiment, visant à engager l’ensemble de ses acteurs dans une démarche collaborative autour d’une maquette numérique. Ce fichier unique et évolutif regroupe la représentation graphique 3D du bâtiment et toutes les données qui seront nécessaires pendant son cycle de vie, de la conception à l’exploitation-maintenance.

Engagée dans une politique d’innovation et dans un souci permanent d’améliorer les processus et méthodes de construction, c’est donc tout naturellement que l’APIJ a souhaité être moteur dans l’aventure du BIM. Pour la maîtrise d’ouvrage publique, il s’agit de tirer profit et d’orchestrer les acteurs du bâtiment autour de cet outil de travail pendant les phases de conception, construction puis d’exploitation-maintenance des nouveaux établissements pénitentiaires et judiciaires, mais aussi de pouvoir mettre à disposition du Ministère un outil performant pour la gestion de son patrimoine immobilier.

A travers les deux opérations pilotes que sont le centre pénitentiaire de Lutterbach et le palais de justice de Lille, dont la taille et le contexte justifiaient la mise en place du BIM, l’APIJ a pu engager une réflexion fine sur l’utilisation de la maquette numérique. Le dialogue compétitif effectué avec les équipes candidates sur le centre pénitentiaire de Lutterbach a permis d’évaluer objectivement le degré de maturité de ces outils et préciser finement son utilisation dans nos projets, dans un esprit d’émulation réciproque. L’année 2017 marquera la mise en œuvre opérationnelle des principes définis en 2016 et la production des premières maquettes numériques.

Ces deux opérations sont aussi un support opérationnel à la réflexion commune de l’APIJ et de sa tutelle sur l’utilisation à plus long terme de la maquette numérique, en interface avec les outils d’exploitation-maintenance et de gestion du patrimoine public. Cette réflexion, commencée avec la mission gestion déléguée de la Direction de l’Administration pénitentiaire, sera poursuivie et étendue avec le Secrétariat Général et la Direction des Services Judiciaires pour définir un principe de maquette numérique dont l’ergonomie devra être adaptée au contexte des bâtiments judiciaires et à l’organisation du Ministère de la Justice.

Le BIM, véritable révolution dans les pratiques de maîtrise d’ouvrage publique, interroge et oblige à redéfinir les processus de travail à l’agence. L’APIJ travaille dans cette perspective en étroite collaboration avec l’École Nationale des Ponts et Chaussées.